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Réponse - La Brède - Bernard FATH (PS)

jeudi 12 mars 2015, par ajas

Objet : opposition au tracé et au financement de ligne LGV

- Considérant le projet d’aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux,
- Considérant l’avis d’ouverture d’enquête préalable à la Déclaration d’Utilité Publique du projet d’aménagements ferroviaires au Sud de Bordeaux,
- Considérant le rapport de la Cour des Comptes en date du 23 octobre 2014,

Dans le cadre du projet d’aménagements ferroviaires au Sud de Bordeaux, vous trouverez ci-dessous exposés les éléments de mon argumentaire :

- ce projet n’est, en aucun cas, d’utilité publique, mais un parfait Projet d’Inutilité Publique
Bordeaux/Toulouse, Bordeaux/Dax : on est très loin du projet initial qui devait rejoindre l’Espagne ! La rentabilité des investissements TGV est réelle à condition que les rames puissent rouler à 320 km/h sur des voies qui leur sont exclusivement affectées et ce n’est pas le cas. Par ailleurs Le contournement LGV de Bordeaux n’est pas prévu au projet.

- ce projet n’a pas d’intérêt économique et socio-économique
Pour qu’il y ait intérêt économique et socio-économique, il est nécessaire que les trafics soient nombreux et qu’ils desservent des bassins de population importants (Dax 20 000 habitants !), sur de longues distances qui permettent des vitesses élevées et ce n’est pas le cas : Bordeaux/Dax : 140 km !

- ce projet est dévastateur pour l’environnement
Avec une emprise prévisionnelle de 1 500 ha dont 1 260 ha de forêt impactée ! 51 ha de terres agricoles sacrifiées à un moment où les politiques publiques encouragent à la production locale et aux circuits-courts de distribution, 27 ha de vignes (9 châteaux en AOC Graves) et 24 ha de prairies dont certaines sont en zone de protection Natura 2000 !

- ce projet engendrera des travaux pharaoniques dans, et aux abords, des Communes traversées
Nuisances sonores, dépréciation du foncier, villages coupés en deux, ouvrages d’art défigurant les paysages : telle sera la réalité de ces travaux avec pour conséquences un cadre et un confort de vie des riverains altérés sur de très longues années, avec toutes les suites sanitaires que cela engendrera !

- ce projet n’est pas financièrement viable
Entre coût de la construction des voies, des ouvrages d’art et des rames, et recettes incertaines qui entraînent baisse de la rentabilité de l’activité TGV, le pays n’a plus les moyens de financer des projets non rentables. Il faut concentrer, en priorité, les moyens financiers sur l’entretien et de développement du réseau existant. A cela, il faut ajouter l’incertitude liée au financement du projet par la Région Midi-Pyrénées !

- ce projet est très contestable
Je reprends, in extenso et à mon compte, l’intégralité du rapport de la Cour des Comptes, « La grande vitesse ferroviaire : un modèle porté au-delà de sa pertinence », d’octobre 2014, faisant ressortir :

  • Les limites d’une réussite
    • le modèle français,
    • les leçons des exemples étrangers,
    • la grande vitesse ferroviaire ne représente qu’une part minoritaire des déplacements,
    • un bilan économique et environnemental en demi-teinte,
  • Un processus de décision tendu vers la réalisation systématique de nouvelles lignes
    • l’évaluation socio-économique doit rester au centre du processus de décision,
    • une prise de position progressive et en pratique irréversible,
    • une évaluation optimiste de la rentabilité attendue des LGV,
    • la construction de LGV non rentable facilitée par le recours aux financements locaux,
  • Un coût non soutenable
    • des lignes de moins en moins rentables,
    • l’impasse financière des nouveaux projets,
    • l’épuisement des ressources disponibles

- Ce projet est très contesté
Je soutiens activement les prises de position des Associations luttant contre le tracé de LGV : Landes, Graves, Viticulture, Environnement en Arruan (LGVEA), Les Amis du Barthos…

En conclusion, aujourd’hui notre Pays, en état de crise économique majeure, n’a plus les moyens de s’offrir un tel projet payé par les contribuables locaux, sans finalité manifeste d’intérêt public, ni étude de rentabilité avérée.

Pour toutes ces raisons, je m’oppose à la construction des lignes LGV Bordeaux/Toulouse et Bordeaux/Dax.

Bernard FATH,

Conseiller Général du Canton de La Brède